• Kumari, la petite déesse vivante du Népal

    En septembre, lors des fêtes de l'Indra Jatra, des milliers de personnes se pressent à Kathmandu pour apercevoir la Kumari (vierge, en népalais) - personnification vivante de Taleju, femme de Shiva - bénir le roi du Népal.

    Selon la légende, le Roi Jayaprakash Malla pris l'habitude de jouer le soir seul dans sa chambre au tripasa (un jeu de dés) avec la déesse Telaju. Une condition : ne jamais tenter de la séduire - ce qu'il fit. Furieuse, Taleju lui retira sa protection. Elle se laissa cependant fléchir, et lui promis de revenir sous les traits d'une petite fille.

    Les futures Kumari sont sélectionnées dès qu'elles perdent leur première dent de lait ; elles sont choisies selon 32 critères de beauté - en outre leur horoscope doivent être favorable au monarque régnant. La petite fille qui devient Kumari entre toute est celle qui a réussi à passer une étrange épreuve sans montrer de peur : se promener entre des animaux décapités.


    Kumari, la petite déesse vivante du Népal



    La Kumari est habillée exclusivement de rouge - couleur des dieux - et un lourd trait de khôl sous les yeux la protège contre les démons. A son front s'ouvre le troisième oeil. Ses pieds ne touchent jamais le sol, considéré comme impur.
    Le moindre de ses gestes est synonyme de présage, aussi la Kumari se montre-t-elle la plus impassible possible. Installée dans un temple et séparée de sa famille, la jeune fille est servie comme une reine et croule sous les présents.
    Il ne faut cependant pas que la Kumari perde une seule goutte de sang ; c'est pour cela qu'elle ne joue que rarement avec d'autres enfants...

    Le jour de ses premières règles, la Kumari doit démissionner et retourner dans sa famille, redevenant une Népalaise anonyme. Dur, quand on a été adulée pendant tant d'années !... Le gouvernement leur verse une très confortable rente annuelle pour "service rendu à l'Etat", mais malgré cette importante dot, elles ont du mal à trouver un mari : une légende dit que celui qui déflore une ancienne Kumari mourra dans l'année...

    Heureusement, depuis quelques années elles bénéficient d'une éducation pendant leur règne, afin de pouvoir passer des diplômes et être ainsi autonome après leur destitution...

    __________________________________________

    A lire : Quand j'étais déesse, de Irène Cohen-Janca, aux éditions Actes Sud Junior. Un court texte publié dans la collection "D'une seule voix", fulgurant, sur les sentiments d'une petite Kumari destituée. C'est ce court roman qui m'a donné envie d'en savoir plus sur cette coutume, et sur ces jeunes filles.


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  • Commentaires

    1
    Merylia100
    Mardi 25 Septembre 2012 à 21:45

    On peut aussi lire "Le carnet rouge" ! Un super livre sur l'histoire d'une jeune fille népalaise, qui retrouve ses origines et qui découvre que sa grand mère était une Kumari par le biais d'un mystérieux carnet rouge .. 

    2
    Domino Profil de Domino
    Mercredi 26 Septembre 2012 à 00:18

    C'est vrai, mais je l'ai lu bien après la rédaction de cet article.

    Merci pour la précision !

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