• Evocations tranchantes d'un quotidien noir, de drames intimes ou de rêves inquiétants...
    Ces nouvelles disent violemment la Femme dans son désir ou son refus du désir, dans ses colères, ses hontes inavouées, ses excès d'amour ou sa folie meurtrière. La Femme blessée, humiliée, ou bien vengeresse et autodestructrice.

    La Femme humaine... Trop humaine ?



    Mordre au travers / Virginie Despentes




    Ce que l'on peut déjà dire des romans de Virginie Despentes, c'est qu'ils décoiffent. Elle nous y montre toujours la vie sous son côté le plus noir et le plus misérable. Les situations crédibles, les personnages toujours à fleur de peau rajoutent à l'horreur lors de la lecture, car elle prouve que la réalité pour certains c'est ça : de la rage, du désespoir, et aucun moyen pour s'en sortir.

    Les onze nouvelles présentes dans ce recueil sont toutes aussi violentes que ses précédents romans. Aucune complaisance, pas de situations faciles, pas de grosses ficelles. Au contraire, des gens qui souffrent, victimes ordinaires de la société - RMIstes, femme trop grosse pour les canons de beauté actuels, etc - et qui réagissent avec plus ou moins de violence, sans jamais vaincre.

    Autant vous prévenir : aucune de ces histoires ne finit bien, ni mal d'ailleurs. Tranches de vie.

    Une écriture nerveuse, bancale, qui retranscrit si bien les sentiments de ses personnages...

    Des histoires trash, qui heurtent la sensibilité.


    Mordre au travers
    Virginie Despentes
    Editions Librio
    2 €

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  • Flânez-vous assez ?

    Prenez-vous le temps de regarder autour de vous ? Le sourire fugace d'un passant, le reflet des arbres dans une flaque d'eau, l'envol des corbeaux... Remarquez-vous tout cela ?

    Quel rapport avec le titre de l'article, me direz-vous ?

    La lune des enfants est notre satellite en journée, discrète tache blanchâtre sur le bleu du ciel. Elle est ainsi surnommée car il est dit que seuls les enfants, qui ont toujours le nez au vent, la voient et lui sourient. Les adultes, l'esprit englué par leurs soucis, baissent la tête et ne voient que l'asphalte du trottoir, et ne prennent pas le temps de remarquer l'astre qui flotte paisiblement au-dessus de leur tête.

    Alors un instant... Rien qu'un instant... Relevez la tête, regardez autour de vous, les passants, les bâtiments, les oiseaux... Levez encore un peu le nez... Encore un peu plus haut... Et pendant cinq minutes ou une heure, redevenez un enfant, oubliez tous vos soucis, et souriez à la lune complice...


    lune des enfants

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  • Le livre sur la place



    Le livre sur la Place, dans notre belle ville de Nancy, est le premier salon littéraire de la rentrée. En 1979, date de la première édition, il n'y avait que quelques écrivains venus pour dédicacer leurs livres rue Héré... La manifestation prit de l'ampleur au fil des années,  et est à présent bien connue.
    Cette année la 31ème édition se tient du 18 au 20 septembre, place de la Carrière. Pour l'occasion, un jardin éphémère sera créé entre la Place Stanislas et le chapiteau, et dont le thème sera l'eau. Véritable parcours ludique et poétique, il y sera proposé quelques machines assez drôle, comme l'arbre à pluie ou l'étang à bulle - ça ne sert à rien, mais c'est joli, et c'est tout ce qui compte ^^

    Le livre sur la place



    Autour du salon, diverses manifestations seront proposées : débats, tables rondes, films, lectures, spectacles, rencontres dans les écoles, hôpitaux et maison d'arrêt... Toute la ville bougera au rythme des livres !

    Les auteurs y seront nombreux ; en voici un petit panel, piochés au hasard : Hubert Ben Kemoun, Anne-Laure Bondoux, Timothé de Fombelle, Christian Grenier, Eric L'Homme, Mathis, Erik Orsenna, Pierre Pevel, Alain Pozzuoli, Jacques Salomé., Frédéric Beigbeder.. Et tant d'autres encore, en quantité et à gogo.

    C'est l'occasion de rencontrer ses auteurs favoris, discuter avec eux et repartir avec une petite dédicace - quand on a la patience d'attendre, car le week-end il faut s'armer de courage pour affronter les allées noires de monde. En 2008, il y a eu plus de 130 000 visiteurs en 4 jours...


    Les prix décernés :

    Lors du Livre sur la Place, plusieurs prix littéraires sont décernés :

    - Prix Goncourt de la Biographie, remis cette année à Viviane Forrester pour Virginia Woolf (Albin Michel) ;
    - Prix Livre et Droits de l'Homme de la ville de Nancy, remis cette année à Amin Maalouf pour Le dérèglement du Monde (Grasset). Le jury a également attribué une mention spéciale  "Livre jeunesse et Droits de l'Homme" à la nouvelle collection d'Acte Sud Junior : Ceux qui ont dit non ;
    - Prix Les Libraires de Nancy - Le Point, remis cette année à... On le saura le vendredi 18 septembre à 15h00 !
    - Prix Feuille d'Or - France Bleue Sud Lorraine, remis cette année à Jean Vautrin pour l'ensemble de son oeuvre ;
    - Et un concours régional, La nouvelle de la classe, pour les classe de CM1 et CM2.


    C'est à ne rater sous aucun prétexte, c'est convivial, c'est gratuit et c'est bientôt !

    Le livre sur la Place 2009
    18 au 20 septembre
    Place de la Carrière
    Entrée gratuite

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  • Sur une plate-forme en mer, perdue dans le brouillard, vit une communauté des plus étranges. Parmi eux, Krank, qui vieillit trop vite faute de pouvoir rêver. Il enlève donc des enfants de la cité portuaire, afin de leur voler leurs rêves. Quand le petit Denrée est enlevé, son "grand frère" One décide de partir à sa recherche, avec l'aide d'une petite fille bien dégourdie, Miette.


    les enfants perdus




    Aux commandes : Jean-Pierre Jeunet et Caro.
    Le casting - entre autre : Ron Perlman, Daniel Emilfork, Dominique Pinon, Jean-Claude Dreyfus... Que du bon, que des têtes connues quand on connaît les films de Jeunet.

    Film à l'atmosphère étrange, conte de fée sordide et cruel qui traite de l'enfance, mais d'une manière à la fois pleine d'espoir et désenchantée... Les enfants sont d'une lucidité effrayante, leur(s) maîtresse(s) -soeurs siamoises - les exploitent sans aucun scrupule...
    L'atmosphère glauque est renforcée par les couleurs verdâtres utilisées tout au long du film : la ville portuaire, la mer, la plate-forme... Tout y est sale et délabré. La seule touche de couleur est la robe de Miette, rouge vif, tranchant avec netteté sur le reste du décor.

    Les personnages renforcent le côté glauque. Les maîtresses siamoises, le dresseur de puces, les clones (formidable Dominique Pinon), les borgnes, le savant fou, Irvin le cerveau dans un bocal, et surtout Krank, l'homme qui ne sait pas rêver - mention spéciale pour la scène du début, assez terrifiante, avec toute cette floppée de pères noëls un peu barge sautour du berceau d'un enfant. Tous ces personnages traînent un grain de folie désespéré, comme s'ils savaient que lutter est vain.

    Face à eux, Miette et One brillent par leur détermination et la pureté de leur lien. Leur complicité est magnifique. Une petite fille et une gueule cassée qui baraguine péniblement quelques mots, quelles sont leur chance de s'en sortir ? Aucune importance, eux y croient dur comme fer.

    La musique du film, magnifique et inquiétante, est réalisé par Angelo Badalamenti - oui oui, celui qui réalise toutes les musiques de film de David Lynch.

    Un superbe film qui mérite d'être vu et revu...


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  • Miss Kabuki aimait les papillons, elle s'en inspirait pour confectionner des broches qu'elle épinglait sur le revers de ses vêtements. Monsieur Mirliton aimait aussi les papillons. Il les attrapait dans ses filets pour ensuite les épingler dans des vitrines. Mais un jour, certains papillons furent menacés de mort et d'extinction. Alors, miss Kabuki décida de donner une leçon au chasseur de papillons.


    Le chasseur de papillons / Adolie Day




    Belle histoire, beaux graphismes... Tout est beau dans cet album de Adolie Day et Bernard Villiot. Le texte est poétique à souhait, les phrases se répondant d'un personnage à l'autre. Le thème est d'actualité - un brin d'écologie, les espèces animales qui disparaissent à cause de la cupidité des hommes.

    Les illustrations suivent le texte à merveille, tout en couleurs roses et en fantaisie pour Miss Kabuki, pleine d'admiraton pour les papillons, et tout en gris pour Monsieur Mirliton, qui lui brûle plutôt d'amour-possession.

    C'est beau - je sais, je me répète, mais je ne vois pas d'autres choses à dire. C'est beau, c'est léger, avec une point de mélancolie. Tout nous ravit dans cet album magnifique, qui s'adresse aussi bien aux enfants qu'aux adultes.

    Vous trouverez tous les travaux d'Adolie Day sur son site.



    Le chasseur de papillons
    Bernard Villiot & Adolie Day

    éditions du Toucan
    15€

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