
Très court roman - moins d'une centaine de pages - qui est, à la base, un monologue écrit pour le théatre. Cela se ressent dans le rythme des phrases, des pauses. Il n'y a qu'à fermer les yeux pour imaginer l'acteur déclamant ce texte.
L'histoiire est raconté par un trompettiste un rien gouailleur, au parler franc et attanchant, engagé sur le Virginian pour jouer du jazz, et qui devient ami avec Novecento - fasciné par son génie et son mystère.
il nous conte donc la vie de ce pianiste de génie, trouvé tout bébé sur le Virginan par un machiniste qui le baptisa Danny Boodmann T. D. Lemon Novecento, et qui jamais ne descendit à terre. Il jouait une musique comme personne avant n'en avait entendu, une musique superbe. Le narrateur nous parle de Novecento comme d'une légende, quelqu'un qui ne peut être touché, trop loin des autres pour cela.
Le récit fulgure et nous emporte, vif comme une fugue, avec des passages splendides comme le duel de musique, ou lorsque Novecento fait danser un piano en pleine tempête. Des métaphores sublimes, et aussi un sacré paquet de tristesse - car toute la gouaille du narrateur ne peut cacher cette immense impression de perte, cette amitié qui n'est plus qu'un souvenir - réconfortant et déchirant à la fois comme tous les souvenirs le sont.
C'est à vivre, c'est à lire comme on écoute une musique belle et intense qui nous emporte.
Novecento, pianiste
Alessandro Baricco
Editions Gallimard
Collection Folio
4,80 €